La mécanique quantique a établi avec certitude qu'il y a une limite à notre capacité de déterminer l'image exacte du monde physique quelle que soit la façon dont on essaie de la "mesurer". A notre grand désespoir, cette limite est une propriété de l'univers. De plus la mécanique quantique nous dit que les particules n'ont pas de trajets bien définis. Un électron par exemple peut passer de A au point B dans l'espace, mais il est impossible de connaître sa trajectoire; on ne connaît que des probabilités de trajectoires.

La mécanique quantique nous dit que notre perception du monde n'est pas "nette et précise". Tout le monde est d'accord sur ce point. Cependant, il y a désaccord sur la question de savoir si la mécanique quantique offre une description complète ou incomplète du monde physique. Autrement dit, cette image imparfaite est- elle due à l'imperfection de notre "vision " (physique quantique), ce qui signifierait que si on améliore cette vision on obtiendrait une image de meilleure qualité (image classique du monde). Ou bien cette image imparfaite correspond-elle à une réalité (interprétation de Copenhague) ?

L'interprétation de Copenhague adoptée par Bohr, Heisenberg et d'autres nie la réalité physique du monde quantique ; détecter la position d'un électron est en fait le "créer ". On ne peut pas dire qu'il y ait d'électrons avant la mesure. Autrement dit, cette interprétation bizarre prétend qu'électrons, atomes et molécules constituent un monde de probabilités, pas un monde réel et objectif.

Comme nous l'avons déjà mentionné, la notion de mesure tient une place bien spéciale en mécanique quantique puisque la
fonction d'onde est supposée changée continuellement entre les mesures et s'écraser de façon discontinue des qu'une mesure est effectuée. On réalise l'ambiguïté de cette conception puisque la mécanique quantique ne donne pas d'instruction décidant quand une mesure doit être effectuée. Il y a ici un problème philosophique : que ce passe t-il en réalité à l'intérieur de l'instrument de mesure (compteur Geiger) lorsqu'on effectue une mesure quantique ?
L'interprétation de Copenhague suppose implicitement que l'appareil de mesure est un système classique. Mais en réalité, l'instrument de mesure est formé d'atomes et de molécules, et devrait donc être décrit par une fonction d'onde quantique. Et si c'est le cas, le système lui-même n'aura pas de valeur définie pour ses caractéristiques physiques à moins que celles-ci soient elles-même mesurées, et ainsi de suite.

Après avoir avalé ces quatre capsules, qu'en pensez-vous ?
Etes-vous avec Bohr, Heisenberg, et la majorité qui pensent qu'il n'y a en fait pas de réalité physique au niveau quantique ? Et si c'est le cas il faudra répondre aux questions suivantes : le problème des mesures, le problème du transfert du niveau atomique au niveau macroscopique. (Le chat de Schrodinger)

Ou bien êtes-vous avec Einstein et ceux qui pensent que la mécanique quantique ne peut décrire le monde complètement, et que cette portion restée dans l'ombre pourra certainement être éclairée et explorée.