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Dans
cette partie, nous vous présentons quelques-uns de ces compositeurs
de génie qui ont fortement marqué la composition pour le violon
par des chefs-d’oeuvre qui ont défié le temps, à travers les
siècles, jusqu’à notre époque.
Le choix a été difficile, mais nous nous sommes efforcés
de couvrir toute la période qui s’étend de l’époque baroque
(env. 1600-1750) au début du XXème siècle.
- Arcangelo Corelli
- Pietro Locatelli
- Antonio Vivaldi

Arcangelo
Corelli
(Fusignano,
Ravenne 1653 - Rome 1713)
Compositeur
et violoniste italien, dont le style de jeu servit de base à
la technique du violon des XVIIIe et XIXe siècles, Corelli
produisit une musique de chambre qui exerça une grande influence
sur ses successeurs.
Il
faut savoir que plusieurs légendes existent encore à ce jour
sur la vie de Corelli, bien qu’en réalité on ne sache que très
peu de lui. Admis à l’âge de 17 ans dans la célèbre Accademia
Filarmonica de Bologne, on pense qu’il s’est ensuite établi
en 1671 à Rome. À partir de ce moment, sa carrière évolue rapidement.
Parmi
ses protecteurs, il compta la Reine Christine de Suède, puis,
à partir de 1690, le Cardinal Pietro Ottoboni, neveu du Pape.
Compositeur le plus édité avant l’arrivée de l’Autrichien Joseph
Haydn, Corelli fut également l’un des premiers à acquérir une
réputation internationale grâce à sa seule musique instrumentale.
Virtuose du violon, il fut le professeur d’illustres
violonistes-compositeurs du XVIIIe siècle.
Le
catalogue de musique de chambre de Corelli comprend 4 volumes
de sonates en trio (op.14), un volume de 12 sonates (op.5) pour
violon solo et continuo, ainsi qu’un ensemble de 12 concertos
(op.6), qui figurent parmi les premières formes du concerto
grosso jamais publiées. Son oeuvre la plus célèbre et la plus
jouée de nos jours est sans doute le concerto grosso
no 8, op.6, "Pour la nuit de Noël".

Pietro
Locatelli
(Bergame 1695 - Amsterdam 1764)
Violoniste
et compositeur italien, Locatelli fut l’élève de Corelli à Rome,
où il vécut pendant dix ans.
En
1721, sont publiés à Amsterdam ses 12 "Concerti grossi a
4 e a 5, con 12 fughe". En 1725, il présente quelques-uns
de ses concertos à Venise, où ils obtiennent un grand succès.
Après des séjours à Berlin et Kassel (Hesse), Locatelli s’établit
finalement à Amsterdam et crée une école pour instruments
à cordes, à laquelle il confie la première exécution de
ses oeuvres.
À
partir de 1732, il écrira sans relâche pour le violon et la
flûte traversière (mais surtout pour le violon): sonates, concertos,
caprices,...
Influencé
au début par le style de Corelli au niveau des formes pratiquées,
Locatelli les fit sensiblement évoluer. Sa technique du violon
en fait un prédécesseur de Paganini et on peut dire qu’il
fait partie de ces compositeurs-violonistes italiens qui formèrent
une véritable ère du violon et de la musique pour cordes.

Antonio
Vivaldi
(Venise
1678 - Vienne 1741)
Né
le 4 mars 1678 à Venise, Vivaldi fut initié à la musique par
son père, violoniste à la basilique Saint-Marc. Il reçut la
tonsure à l’âge de quinze ans (1693) et fut ordonné prêtre en
1703. Cependant, il renonça très vite à célébrer la messe, en
raison de troubles de la respiration. La même année, Vivaldi
occupa la fonction de professeur de violon à l’Ospedale della
Pietà, un séminaire musical qui accueillait de jeunes orphelines.
En 1705, il fut chargé "d’instruire les jeunes filles dans
la composition et l’exécution des concertos".
Compositeur
et imprésario d’un théâtre de Venise, Vivaldi occupa ensuite
plusieurs postes de maître de chapelle, faisant parallèlement
jouer ses oeuvres en Italie, en Allemagne, en Autriche et aux
Pays-Bas. En juin 1741, il partit pour Vienne, où il mourut
dans la pauvreté un mois plus tard.
Outre
les compositions chorales et religieuses, Vivaldi nous a laissé
une oeuvre instrumentale considérable, comportant 456 concertos
dont 223 concertos pour violon et orchestre, 22 pour
deux violons, 27 pour violoncelle, 39 pour basson, 13 pour hautbois
et d’autres concertos pour la viole d’amour, le luth, le théorbe,
la mandoline, la flûte piccolo, ainsi que 73 sonates. Vivaldi
s’intéressa aux techniques instrumentales et aux moyens de les
faire évoluer.
Pour
renouveler ses orchestrations, il chercha des instruments peu
communs, comme le théorbe, sorte de grand luth. Il fut le premier
à écrire pour la claren, ancêtre de la clarinette; il s’intéressa
à la flûte traversière, qui était alors bien moins jouée que
la flûte à bec, et donna maintes fois le première place à des
instruments réputés d’accompagnement, comme le basson.
C’est
Vivaldi qui établit le format ternaire du concerto (vif, lent,
vif). Il fut aussi parmi les premiers à introduire des cadenze
pour les solistes. Le principe du concerto moderne, qui entend
une complicité entre la virtuosité de l’interprète et la perfection
de la composition, est tout entier compris dans les dernières
oeuvres de Vivaldi.
Oubliée
pendant un certain temps, l’oeuvre de Vivaldi fut d’abord connue
à travers les transcriptions qu’en fit Jean-Sébastien Bach au
cours de sa formation musicale.
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