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La
fameuse école de Crémone se perpétua avec Antonio Amati
(1555-1640?), Girolamo Amati (1556-1630) et le fils de celui-ci,
Nicola (1596-1684).
À
Brescia, le premier grand maître fut Gasparo di Bertolotti
da Salò (1540-1590). Giovanni Paolo Maggini (1580-1632)
fut son élève le plus important. L’école de Brescia décline
après Maggini, alors que Crémone conserve une première place
incontestée.
Les
élèves de Nicola Amati furent Girolamo Amati II (1649-1740),
Andrea Guarneri (1626-1698), G.B. Rogeri (1666-1696),
Francesco Ruggieri (1645-1700), Paolo Grancino (1655-1692)
et probablement aussi ANTONIO STRADIVARI (1644-1737).

Giovanni
Maria Dalla Corna fonda peut-être l’école de lutherie de Venise.
Ailleurs, des écoles de luthiers apparaissent tôt en France,
à Paris vers 1550, puis à Mirecourt, Nancy et Lyon.
Jacob
Stainer (vers 1621-1683, Absam, près d’Innsbruck, en Autriche)
apparaît comme le premier grand luthier du Nord des Alpes.
Sa renommée éclipsa même à un certain moment celle de l’école
de Crémone! H.I. Biber, Jean-Sébastien Bach, F. Veracini, Locatelli,
Léopold Mozart jouèrent sur des violons de Stainer (cependant,
le violon de Mozart se révéla plus tard être un instrument de
Klotz).

Cest
une chance extraordinaire que 3 instruments de la famille
Mozart aient été conservés. Lun deux, attribué
à Aegidius Klotz, a gardé la fausse étiquette de Stainer!
En
1774 encore, un certain Löhlein signale que les violons de Stainer
et d’Amati avec leur timbre semblable à celui de la flûte, sont
préférés à ceux de Stradivarius. Malheureusement, Stainer resta
sans élèves directs et sans compagnons.
Ainsi,
dans la première moitié du XVIIIe siècle, la lutherie de
Crémone domina nettement, surtout en la personne d’Antonio Stradivari
(1644-1757), qui FIXA LE MODÈLE DU VIOLON POUR TOUS LES
SUCCESSEURS. Si ses instruments n’ont pas été répandus en grand
nombre parmi les musiciens de son temps, il serait faux d’en
conclure qu’ils n’étaient pas appréciés. De son vivant déjà,
Stradivarius jouissait d’une grande réputation dans toute l’Italie.
Mais on n’a reconnu toute son importance que beaucoup plus tard.
Trois
phases créatives se distinguent chez Stradivarius: celle
où l’influence d’Amati s’affirma très nettement (de 1666
à 1690 env.), celle des modèles "longuets" (1690-1700)
et enfin sa période d’or avec les magnifiques oeuvres
de maturité. Les violons ornés de marqueterie, comme le "Hellier"
de 1679, sont plus rares; cependant, il existe de nombreux dessins
et esquisses de Stradivarius pour des travaux de ce genre. Durant
sa longue vie, il a produit environ 1000 instruments. Ses créations
représentent l’apogée de l’école de Crémone et de l’art de
la lutherie en général.
Ses
fils Omobone et Francesco, ainsi que ses élèves, Carlo Bergonzi
(1686-1747), Lorenzo Guadagnini (né vers 1695, mort vers 1745),
et beaucoup d’autres perpétuèrent sa tradition.
Le
plus important après lui, Giuseppe Guarneri "del Gesù"
(1698-1744) est le dernier représentant d’une illustre dynastie,
représentée par Andrea Guarneri (1626-1698), élève de Nicola
Amati, ses deux fils Pietro Giovanni (1655-1720) et Giuseppe
G.B. Guarneri (1666-1739/40). Ce dernier était le père de Giuseppe
"del Gesù" (et de Pietro, né en 1695, mort en 1762 à
Venise).
Le
surnom "del Gesù" apparut vers 1726 et vient
du signe JHS qui figurait sur ses étiquettes (en
effet, à "l’intérieur" du violon, sur le fond, le luthier colle
une étiquette où figurent son nom, la date où l’instrument fut
achevé, ainsi que, parfois, le lieu de sa facture; que le luthier
y inscrive davantage d’indications, cela n’est pas exclu...).
La
réputation de Guarnerius n’était pas, de son vivant, comparable
à celle de Stradivarius. Un certain Pugnani fut le premier violoniste
important qui rendit ses violons célèbres, et, après que
Paganini eut joué sur le "Canon" (oeuvre de Guarnerius),
on préféra souvent les Guarnerius aux Stradivarius à cause
de leur sonorité plus puissante. Les instruments de Guarnerius
sont encore plus plats et plus larges que ceux de Stradivarius;
une certaine grandeur et parfois aussi un peu de négligence
caractérisent leur aspect. L’oeuvre de Guarnerius comprend environ
200 violons - malheureusement, il atteignit à peine la moitié
de l’âge de Stradivarius!
Il
faut savoir qu’à côté de ces "grands" jouissant d’une importante
renommée travaillaient une quantité d’excellents petits maîtres...
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