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Le
Ravanastron (cet instrument aurait appartenu à un souverain
d’Inde, 5000 ans avant notre ère), le Rabab ou Rebab
(très ancien, il était joué en Perse, en Arabie et en Afrique
du Nord), le Rebec (au Moyen Age, dans l’Europe méridionale,
au contact des marchands et des artistes musulmans, on utilise
le rubebe ou rebel ou rebec)... et encore bien d’autres instruments,
plus ou moins rudimentaires, datant de temps anciens, sont considérés
comme des précurseurs intéressants du violon, bien qu’assez
éloignés de lui.

Le rebab maghrébin (au milieu, avec archet marqueté) a donné
naissance en Europe au rebec piriforme. Le type le plus ancien
a encore des ouïes rondes (devant à gauche); puis, les ouïes
adoptent la forme en f (derrière à gauche). La vielle à éclisses
(à droite) représentait, à côté du rebec, le second type médiéval
fondamental. Les quatre cordes et les ouïes en forme de f témoignent
déjà de linfluence sur le violon.
Au
Moyen Age, depuis le XIe siècle, nous retrouvons en Europe la
vièle et la rote (rotta), simple reproduction
de la cithare antique: afin de l’utiliser comme instrument
à archet et de produire les différents sons par raccourcissement
de la corde, on avait placé une touche entre la caisse
de résonance et la barre transversale supérieure de la cithare.
Aux
Xe et XIe siècle, la rote était répandue dans toute l’Europe
centrale, ainsi qu’en témoigne l’iconographie. Elle fut supplantée
par la vièle dans l’Europe moyenne du XIIe siècle.
Tôt
déjà, on joua des petits instruments en les appuyant aussi
contre l’épaule gauche ou contre la poitrine et non plus
uniquement sur les genoux!
Depuis
le XIIe siècle, nous trouvons une forme légèrement échancrée,
semblable à celle de la guitare moderne et qui représente la
dernière phase de l’évolution de la vièle. Au Moyen Age déjà,
cet instrument occupa une place prédominante, qu’elle doit peut-être
à sa maniabilité, à son étendue sonore et à la possibilité qu’elle
offre de produire relativement facilement toutes les notes de
la gamme.
Le
nombre de cordes passa bientôt d’une ou deux, à trois ou quatre.
Depuis le début du XIe siècle, on rencontre la forme classique
de la vièle à cinq cordes, que l’on conservera jusqu’au XVIe
siècle. Peu à peu, on introduisit des éclisses afin de
pouvoir utiliser plus facilement l’archet; on remplaça la liste
porteuse de cordes, spécifiques aux instruments à cordes pincées,
par un cordier et un chevalet séparés, plus appropriés
aux instruments à archet. De cette façon, on passa graduellement
de l’instrument à cordes du Moyen Age à la viole de la Renaissance,
d’abord percée d’une ouverture ronde, qui peu à peu se transforma
en deux ouïes en forme de croissants.
Avant
1500 apparaissaient, à la suite de diverses combinaisons
des deux types primitifs, trois autres familles d’instruments: la viola da gamba, la lira da braccio et la
viola da braccio. C’est de la famille de la viola da
braccio que sortira le VIOLON.
La
viola da braccio résulte de la réduction à trois ou quatre du
nombre de cordes de la vièle, de l’adoption du cheviller
et des chevilles latérales du rebec, ainsi que de l’accord
en quintes de ce dernier, qui convient très bien aux petits
instruments à bras, car il permet d’utiliser les quatre doigts
et d’augmenter ainsi l’étendue et la maniabilité. Il est à noter
que les éclisses sont beaucoup plus basses que dans les violes
de gambe, et l’échancrure devint toujours plus marquée. Quant
aux deux ouïes, qui au début étaient encore en forme de C
ou de croissant, elles prirent bientôt la forme en ƒ
de celles du violon.
Ainsi,
au fil des siècles, les formes du violon à proprement parler
se précisèrent. Comme on a pu le constater, les origines du
violon sont multiples; chacune de ses parties est l’aboutissement
d’un processus évolutif, plus ou moins complexe, dont le début
est souvent difficile à déterminer; chacune de ses parties
a donc son histoire. Instrument à la généalogie assez chaotique,
le violon est un tout, réunissant en un seul instrument plusieurs
destinées...
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